• Obésité et mal de dos : ce que vous devez savoir !

    Les complications rhumatologiques liées à l’obésité apparaissent non seulement au niveau de la colonne vertébrale (mal de dos) mais également et surtout sur les articulations portantes ; c’est pourquoi les sujets obèses souffrent fréquemment de lombalgies chroniques, des genoux et des hanches.lutter-contre-le-mal-de-dos

    Obésité et mal de dos : pourquoi vous devez préserver votre dos ?

    Il faut savoir que les douleurs rachidiennes surtout lombaires sont plus fréquentes en cas de surcharge pondérale.

    En effet, l’excès de poids aggrave l’usure et la dégénérescence du disque intervertébral, surcharge les articulations postérieures des vertèbres, mais également favorise les souffrances ligamentaires et le relâchement musculaire.

    D’autre part, le relâchement musculaire, notamment de la sangle abdominale, fréquemment associé à l’obésité par sédentarité et inactivité, entraîne une exagération de la cambrure lombaire responsable du mal de dos (lombalgies) avec transfert en arrière des contraintes de pression au niveau des articulations postérieures.

    Une arthrose articulaire postérieure peut s’en suivre et même parfois un glissement vers l’avant d’une vertèbre (spondylolisthésis dégénératif).

    Chez les femmes d’un certain âge, l’obésité avec « ventre en avant », associée à un relâchement musculaire et ligamentaire, à une hyperlordose lombaire et à une arthrose articulaire postérieure, provoque volontiers des douleurs lombaires pouvant irradier aux membres inférieurs.

    Le rôle des muscles est donc fondamental pour éviter le mal de dos et il faut encore être convaincu qu’on n’a jamais « un bon dos » sans « un bon ventre » et sans de bons muscles.

    Chez le lombalgique obèse on trouve souvent au niveau de la zone douloureuse des nodules graisseux sensibles ou douloureux à la palpation.

    Ces lipomes sont parfois présents chez les sujets qui ne se plaignent d’aucune douleur lombaire et, en pratique, il n’est parfois pas légitime d’imputer à ces nodules la responsabilité des douleurs.

    L’hypertrophie mammaire souvent associée à une surcharge pondérale peut provoquer le mal de dos. Une hypertrophie importante, mal supportée, peut faire envisager une réduction du volume de la glande mammaire par chirurgie plastique.

    Enfin, les sujets obèses, souvent « mal dans leur peau », auraient une sensibilité plus grande à la douleur, ce qui peut également expliquer qu’ils soient souvent lombalgiques, voire polyalgiques.

    Les douleurs aggravent l’anxiété et celle-ci est souvent intriquée à des troubles du comportement alimentaire qui peuvent aller du grignotage aux repas trop copieux.

    Les douleurs limitent l’activité physique des obèses et, par diminution des dépenses, entretiennent l’obésité. Là encore, c’est le cercle infernal.

    En revanche, l’obésité protège de l’ostéoporose. Les femmes bien portantes sont moins sujettes à l’ostéoporose post ménopausique et, statistiquement, font moins de tassements vertébraux que les femmes maigres, car le tissu adipeux stocke et libère des estrogènes ou hormones sexuelles féminines.

    À savoir, en cas de perte de poids par une hygiène alimentaire adaptée, on observe souvent une diminution des douleurs lombaires. Mais, attention, un régime amaigrissant trop restrictif et trop brutal risque d’entraîner des lombalgies par fonte musculaire.

    D’autre part, une carence en magnésium, en calcium, en vitamines et en oligo-éléments peut décompenser ou révéler un profil psycho-émotif particulier ou une « spasmophilie » favorisant le mal de dos.

    Genoux et hanches : les plus touchés

    L’obésité, qui est un facteur de risque des lombalgies chroniques, est en premier lieu un facteur d’hyperpression sur les articulations portantes.

    La hanche et surtout le genou souffrent donc aussi du surpoids. Normalement, à la marche, le genou supporte à chaque pas une charge pondérale quatre fois plus importante que celle du poids du corps du fait des effets de bras de levier.

    Ainsi, un sujet qui pèse 80 kg fait supporter au genou 320 kg à chaque pas ! Maigrir de 10 kg, c’est épargner à ces articulations 40 kg à la mise en charge, ce qui n’est pas négligeable !

    L’obésité entraîne une usure prématurée des cartilages articulaires. Elle favorise par conséquent l’apparition et la rapidité de l’arthrose du genou (gonarthrose) et de l’arthrose de la hanche (cox arthrose).

    Bien sûr, le surpoids n’est pas le seul responsable de l’arthrose des membres inférieurs, mais il constitue un facteur favorisant et surtout aggravant.

    Il apparaît qu’une réduction de la surcharge pondérale permet de retarder l’apparition de l’arthrose du genou ou au moins de ralentir son aggravation .

    Chez la femme, la perte de poids de 5 kg diminue de 50% le risque de développer une arthrose du genou sur une période de 10 ans.

    Une perte de poids s’associe à la réduction de la douleur et de la raideur de l’arthrose du genou.

    De plus, les patients obèses doivent être encouragés à perdre du poids avant la pose chirurgicale d’une prothèse du genou ou de la hanche.

    En cas de surpoids, on risque également d’avoir les pieds plats, par l’affaissement de la voûte plantaire.

    La surcharge pondérale favorise également l’apparition de douleurs de l’avant pied (métatarsalgies) et de douleurs du talon (talalgies).obésité-et-mal-de-dos

    La prise en charge du poids et l’hygiène alimentaire

    Une réduction pondérale maintenue dans le temps ne peut-être que bénéfique en cas de mal de dos, a fortiori s’il s’y associe une arthrose du genou ou de la hanche.

    Un changement définitif des habitudes alimentaires est donc conseillé. Il est nécessaire de faire trois repas par jours (petit-déjeuner, déjeuner et dîner), éventuellement une collation vers 17 heures, de manger lentement, de ne pas sauter un repas, notamment le petit-déjeuner, de boire de l’eau régulièrement dans la journée.

    Le dîner doit-être le repas le moins riche en graisse et en sucre. Il faut éviter, et en tout cas limiter, les graisses riches en acides gras saturés, surtout cuites (plats en sauce, fritures, charcuteries…), les sucreries et l’alcool.

    Préserver le plaisir alimentaire

    Un régime n’est efficace que s’il est durable. Il n’est susceptible d’être suivi de manière continue que s’il répond aux goûts et aux habitudes alimentaires de la personne à qui il est destiné, d’où la nécessité d’une prescription diététique personnalisée permettant à chacun d’y trouver une alimentation variée et agréable.

    Un régime ne peut en principe être correctement suivi que si l’ordonnance des menus obéit à une certaine discipline, ce qui ne peut, a priori, être réalisé qu’en prenant ses repas chez soi. Mais il est difficile de faire preuve d’une si grande rigueur.

    Des aménagements au régime peuvent être apportés de façon à permettre des sorties conviviales chez des amis ou au restaurant, à condition de compenser dès le lendemain en allègeant à nouveau ses repas.

    Exceptionnellement, une entorse au régime peut-être tolérée, à condition de veiller au respect des équivalences en calories.

    La composition des menus des régimes a évolué dans le temps. Les féculents (pâtes, riz, pommes de terre, semoule ou légumes secs) et le pain, interdits dans les régimes classiques d’il y a 20 ans, sont de nos jours réhabilités et reconnus comme d’excellents aliments lorsque leur quantité est contrôlée.

    En effet, les féculents et le pain riches en « sucres lents » sont source d’énergie. De plus, ils sont composés de protéines et de fibres alimentaires et dépourvus de graisse.

    Ce ne sont pas les féculents ou le pain qui font grossir, c’est surtout l’accompagnement : les sauces et les graisses cuites (beurre, huile, margarine).

    Ce ne sont pas les pommes de terre, mais les frites qui font grossir. D’ailleurs, un régime trop restrictif, concernant les féculents et le pain, peut avoir comme conséquences l’apparition de frustrations, d’où grignotages et véritables « fringale ».

    L’attention est attirée sur les inconvénients qu’entraînent les produits dits allégés et les boissons qui portent la mention « light ».

    Plusieurs études ont, en effet, démontré que, dans le cas d’une prise non contrôlée, des mécanismes de compensation nutritionnelle sont notamment responsables d’une augmentation de l’appétit avec une attirance pour le sucré.

    Le régime n’est que la première étape. Pour une stabilisation, il faut réapprendre à bien manger afin d’obtenir une perte de poids définitive.

    Evitez les désordres métaboliques

    Un bon régime alimentaire contient suffisamment de vitamines, d’oligo-éléments, de minéraux et une proportion équilibrée et « intelligente » entre les sucres, les lipides et les protéines.

    Il faut veiller à ce que la composition des menus ne soit pas la cause de carence, de fatigue ou de troubles divers tels que crampes ou fourmillements.

    Pour prévenir le mal de dos, le régime alimentaire doit-être associé à une activité sportive

    La lutte contre l’obésité doit-être orientée sur une modification du comportement alimentaire et une augmentation de l’activité physique dans la vie quotidienne.

    Une activité physique régulière, particulièrement efficace dans un régime amaigrissant, permet tout d’abord de briser le cercle vicieux obésité inactivité physique.

    Il a été montré que la réduction pondérale obtenue chez les sédentaires obèses soumis à un régime et à un programme d’exercices physiques est directement liée à la durée de l’exercice physique.

    Cependant, les activités sportives ne permettent pas de faire fondre les kilos sans un changement d’habitudes alimentaires.

    Les exercices physiques destinés à donner un meilleur soutien musculaire doivent être effectués régulièrement, sinon quotidiennement.

    Ils consistent en un travail musculaire actif, c’est-à-dire une remusculation des abdominaux, des fessiers, des muscles des cuisses (quadriceps) et également en des exercices d’étirement.

    Un travail respiratoire, avec contrôle et prise de conscience de la respiration abdominale, est également important chez le sujet qui a une difficulté d’adaptation à l’effort se traduisant par un essoufflement.

    Pour lutter contre le mal de dos, la natation sur le dos est idéale tout comme les exercices en piscine, la marche rapide, le cyclisme (sauf en cas de gonarthrose), le ski de fond, l’aviron sont des sports d’endurance particulièrement conseillés.

    Les bienfaits de l’activité physique régulière ne sont plus à démontrer dans la protection cardio-vasculaire. Une telle activité permet, en outre, de réduire le taux de cholestérol total et surtout d’élever le bon HDL cholestérol « protecteur ».

    Enfin, retenez également que ce programme d’exercices physiques et l’initiation à un sport d’endurance, ont pour but une amélioration de la condition physique, du remodelage musculaire et de l’adaptation cardio-vasculaire et respiratoire à l’effort.

    Ils auront également un impact psychologique certain, lors de la prise en charge d’un régime alimentaire restrictif.

    Et vous, que faites-vous pour lutter contre le mal de dos ? Cet article vous a plus, alors parlons-en dans les commentaires !

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